Bilan du voyage de Zaza

 

Nous arrivons à la fin de notre voyage : le temps de faire le point sur nos 11 mois passés en Afrique. Jean-François Offergeld, Alice, Esméralda et d’autres s’imprègneront donc de cet écrit car depuis un petit temps c’était leur souhait de connaître un peu mieux notre quotidien.

Nous avons donc vécu durant ces 11 mois dans un espace de 11 mètres carrés et chacun a su très vite trouver sa place et s’y sentir bien. Si bien que, même lorsqu’Eric, Nancy, Paul et André (nos amis de chez Namib Sky Balloon) nous ont proposés de dormir dans une chambre, nous avons préféré dormir dans notre camion. Les seules fois où nous avons dormi à l’extérieur du camion, c’étaient les 2 nuits à l’île de Carabane (au Sénégal), les 2 nuits au Camping Casamance lorsque Maëlle et Pape nous ont hébergés chez eux le temps que Guy aille en Guinée Bissau pour prolonger les papiers du camion, les 10 nuits dans le bateau, les quelques nuits chez Mimi et Luc et les 5 nuits passées à l’auberge de Jeunesse de Durban. Dans ces différents lieux, nous avons chaque fois été bien accueillis (et nous nous y sentions bien) mais nous étions aussi chaque fois contents de retrouver notre camion, notre maison. Même si celle-ci est petite, elle a été bien conçue (pas pour certaines choses que Guy vous expliquera et qui furent alors quelques fois pour moi le prétexte pour râler sur lui…..) et fut malgré tout assez spacieuse pour nous 6. Elle nous a permis de passer plus de temps avec nos enfants et nous a surtout fait prendre conscience (surtout en ce qui me concerne) qu’il est très facile de vivre avec peu de choses. Mais elle nous a aussi amenés à faire des compromis et elle nous a rendus plus exigeant en ce qui concerne le rangement. En effet, bien des fois, il a fallu renoncer à acheter telle ou telle chose faute de place (et ce ne fut pas très évident pour moi lorsque l’artisanat local m’appelait) et, en ce qui concerne le rangement, si des choses n’étaient pas rangées au bon endroit, elles finissaient par se retrouver par terre et parfois cassées (avec les chocs et les vibrations) et elles entravaient le passage dans la cellule. Donc, nous sommes tous les 6 d’accord pour dire que nous aimons notre camion et qu’il nous sera difficile de nous en séparer lorsqu’on le vendra (les enfants ayant dit à plusieurs reprises qu’ils ne voulaient pas le revendre).

Ne croyez pas que tout était malgré tout parfait. Nous y avons connu des nuits très chaudes (au Sénégal, à la veille de la saison des pluies) où même notre petit ventilateur d’appoint ne suffisait pas. Nous y avons aussi connus des nuits très froides (dans les montagnes en Afrique du Sud où les t° descendaient en-dessous de o°). Mais nous y avons survécu et cela fera partie de nos souvenirs. Nous avons aussi connus des fuites d’eau aux réservoirs et la toilette sèche était un bon choix pour recueillir les urines de la nuit mais pas pour davantage. Toutefois, tout cela nous procure de la satisfaction et de la fierté car rarement certains d’entre-nous s’en sont plaints et tous ont accepté les situations parfois extrêmes. En parlant de nuit froides, Guy ne me contrariera plus sur le fait que j’avais embarqué avec nous des édredons et des sacs de couchages pour chacun d’entre-nous. Si au départ, il me faisait remarquer que j’avais pris de trop (et notamment en ce qui concerne la literie), il ne l’a plus dit une fois arrivés au sud , car nos enfants, lui et moi avions alors chaud. Vive l’entêtement féminin : il paye à chaque fois ! Pour avoir moins froid, les enfants ont également trouvé un bon moyen : dormir à deux dans le même lit et c’est un réel plaisir pour eux. En parlant de lits, les enfants adorent leur lit et s’y sentent vraiment bien et si certains (dont moi) les trouvaient au départ trop petits et pas assez larges, ils permettaient à nos enfants d’avoir un sommeil d’aplomb et sont finalement très confortables (encore merci à Mireille). Si j’ai bien tablé au niveau des couchages, j’ai malgré pris trop de vêtements (qu’on a d’ailleurs entreposés chez ma tante et mon oncle à Pretoria afin de libérer de la place pour la famille Closset ou que nous avons déjà distribués à gauche et à droite faisant le bonheur d’enfants africains), trop de médocs (mais nous avons eu la chance de ne quasi pas être malade), trop de vaisselle (mais très vite on en a laissé déjà à Tanger, car je me suis rendu compte qu’il me serait par exemple difficile de cuire quelques chose au four) et trop de bouquins scolaires (mais n’allez pas croire que nous n’avons pas travaillé avec nos enfants). En parlant de travail scolaire, Léa et Juliette sont en train d’apprendre l’Anglais et s’en sortent vraiment bien (même si il va falloir travailler la prononciation, mais qui s’améliore malgré tout) et seront donc prêtes pour rentrer en secondaire. Pendant cette année écoulée, le rythme scolaire était très aléatoire. Nous n’avons pas du tout suivi le schéma classique : on pouvait ne pas travailler pendant plusieurs jours mais on pouvait parfois travailler des semaines entières avec même le we. Il nous arrivait de travailler en soirée après avoir roulé la journée. Les enfants finissaient par ne plus avoir conscience des périodes de congés puisqu’ici, tout d’abord, on oublie la notion du temps (souvent on ne savait même plus quel jour nous étions), et surtout parce que, finalement, ils ont eu l’impression d’avoir été toute l’année en vacances. Ils n’ont toutefois pas oublié de nous signaler lorsque c’était le moment de Saint-Nicolas ou des cloches de Pâques, l’appel du ventre étant trop important, et surtout en ce qui concerne le chocolat.

En parlant de nourriture, nous nous sommes très vite contentés de ce que nous trouvions sur place. Il nous est donc arrivé de manger des sardines avec du pain, pas de viande pendant plusieurs jours, beaucoup moins varié et sans que cela ne soit un problème pour l’un d’entre-nous. Toutefois, lorsque nous avons découvert nos premières grandes surfaces à Dakar, mais surtout en Namibie et en Afrique du Sud, nos papilles gustatives se sont réveillées et nous étions alors bien contents de manger plus varié. Nos enfants et nous-mêmes avons donc apprécié manger local (et je pense aux très bons petits plats préparés par Johanna au Camping Casamance), et ont accepté de manger différemment sans que cela ne soit un problème pour eux. Nous leur disons merci. Nous n’oublierons en tous les cas pas les gambas partagées avec l’équipe du Camping Casamance (en n’oubliant pas Daoud, Cees et Marjan) et les bons petits plats de chez Andrée, Paul, Eric et Nancy ou encore les repas partagés avec nos amis Tangerois, avec Muhammed et Raza, avec Carla et sa famille qui nous ont accueillis chez eux en Angola, avec Astou et sa famille à Dakar, avec Dirk à Walvis Bay ou encore ma tante et mon oncle à Pretoria. Merci à tous. Le rationnement le plus difficile à vivre a été la privation en ce qui concerne le chocolat et le petit verre de vin quotidien pour Guy lors de la traversée du Maroc et de la Mauritanie (tout de même plus d’un mois). Mais certaines choses ont été consommées de manière plus importante par nos enfants qu’en Belgique et notamment les boissons sucrées car c’est mon pêché mignon et je me voyais mal en boire devant eux mais aussi parce qu’à certains endroits, on trouvait des boissons sucrées mais pas de l’eau en bouteille (et l’eau n’étant pas toujours potable…..). Et les habitudes s’installent très vite. Mais, le retour en Belgique et la réintégration des bonnes habitudes ne nous fait pas peur car nous y préparons nos enfants.

Comme je vous le disais plus haut, nous avons eu beaucoup de chance (mis à part l’incident du chien avec Simon) en ce qui concerne la santé. Personne n’a eu de gros problème de santé et surtout personne n’a contracté le paludisme. Nous avons une pensée particulière pour Cees et Marjan que nous avions rencontrés au Camping Casamance (décidemment, on en parle souvent de ce camping ……c’est qu’on y était tellement bien !) et qui ont été obligés d’interrompre leur voyage car Cees a été vraiment très malade à cause du palu. Cees en Marjan, wij hopen jullie vlug terug te zien.

En parlant de relations, nous avons été séduits par toutes les rencontres que nous avons faites. Nous pensons à la famille d’Abedslam à Tanger, à la famille Seck du Camping Casamance (encore une fois !), à Cees et Marjan, à Daoud, à Muhammed et son frère en Angola, à Joka, à Carla Cruz et sa famille, Astou et sa famille, à Dirk… Mais il y a aussi les personnes que nous connaissions déjà, à savoir toute l’équipe au complet de Namib Sky Balloon qui nous ont accueillis comme des rois, Mimi et Luc qui nous ont choyés au sein de leur foyer et Georges Campos. Souvent, nos enfants nous disaient : « Vous vous rendez compte, ils sont avec nous comme si nous étions de leur famille » .

Nous n’oublions également pas toutes les personnes que nous avons croisées au cours de ce voyage et avec qui nous avons partagé de très bons moments comme tous nos copains Sénégalais, toute l’équipe du bateau Grande Cameroon, ainsi que les personnes avec qui nous avons parfois passé ne fut-ce que 5 minutes pour partager une discussion, un verre, une aide,…. Ce voyage a été une incroyable aventure humaine dans laquelle nous nous sommes vraiment sentis accueillis. Nous disons merci à toutes ces personnes croisées au cours de notre voyage.

Si ce voyage reflète pour nous un aspect humain important, il est tout aussi qualifiable de beauté, tellement nous avons vu des endroits et vécu des choses extraordinaires. Moi, qui au début était très réticente à l’idée de faire ce voyage et surtout très craintive, je suis maintenant très contente de l’avoir entrepris et surtout de l’avoir offert à nos enfants qui, j’espère, en garderont de nombreux souvenirs mais qui surtout les accompagnera tout au long de leur vie.

Je dis encore un tout grand merci à toutes les personnes qui nous ont soutenues afin que ce voyage puisse s’organiser et se vivre. Nous pensons à tous les petits coups de mains, aux recherches, effectuées pour nous, aux bons tuyaux, aux achats, aux coups de pouces financiers, et sans oublier votre présence sur notre site. Vos petits messages, votre temps consacré au suivi de notre voyage était important pour nous. Nous sommes heureux de l’avoir partagé avec vous.

Je dis également merci à mon petit mari pour son entêtement car sans ce dernier, nous ne serions pas partis et nous aurions manqué cette fabuleuse expérience. Vive l’entêtement !

Je vous embrasse tous. Je serai contente de vous revoir tous, familles, amis, voisins, collègues.

Je serai aussi contente de vous accueillir à nouveau dans notre maison à Liège car je me réjouis également de m’y retrouver.

Un regret ? Non, trois!  Le premier, de ne pas avoir pu rejoindre Caroline à Cape Town. Le second, de ne pas avoir pu emmener Léa et Juliette en Ethiopie. Et le dernier, de ne pas avoir partagé certains vécus, certains endroits, certaines relations, certaines beautés avec des amis, de la famille qui auraient apprécié ces moments-là. Nous avons souvent pensé à l’un ou l’autre en nous disant « dommage qu’il (ou elle ou ils) ne soit pas là car il (ou elle ou ils) aurait aimé.Guy vous parlera en tant voulu de son nouveau projet. Il n’a donc pas vraiment changé mais rassure-toi Stéphanie, ce n’est pas pour tout de suite. En attendant, Stéphanie, je serai très heureuse de te retrouver le 3 août.

A très bientôt à tous.

 

Zaza

PS: s'il y a une chose que je ne regretterai pas, c'est la lessive à la main.

 
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